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" Certains d’entre nous ont été arrêtés. Des médecins que nous connaissons bien ont été détenus pendant des mois. (…) Nous avons vu différents types de blessures, notamment des contusions dues à des coups, des chocs électriques mortels. "

Je peux vous donner un exemple récent. Parmi les cas les plus récents, je peux vous donner l’exemple de la semaine dernière (fin janvier). Nous avons perdu deux patients parce qu’il n’y avait pas d’hôpital mobile dans la zone de… Il s’agissait de blessures par balle à la poitrine et nous n’avons pas pu les prendre en charge parce qu’il fallait du matériel et du personnel spécialisé que nous n’avions pas. L’hémorragie n’a pas pu être stoppée et ces hommes sont morts.

C’est impossible d’amener ce type de patients dans les hôpitaux publics, non seulement parce que les médecins et infirmières y travaillent pour le régime, mais aussi parce qu’une unité de la sécurité appartenant à l’une des différentes branches de l’appareil sécuritaire est à la porte de l’hôpital et arrête les blessés.

Certains d’entre nous ont été arrêtés. Des médecins que nous connaissons bien ont été détenus pendant des mois.

Nous avons vu différents types de blessures, notamment des contusions dues à des coups, des chocs électriques mortels. Une personne a été électrocutée dans la bouche jusqu’à ce qu’elle en meure. J’ai vu ça, j’étais à côté près de la mosquée.

Nous avons mis en place trois hôpitaux mobiles dans cette région. L’un a été attaqué, donc on a dû démonter les autres, et on a changé de méthode. Nous avons installé les hôpitaux mobiles dans la campagne. Mais ils sont mal équipés, ils disposent seulement de kits d’urgence. Ils se trouvent à l’intérieur de maisons mais on les change d’endroit régulièrement.

Les médecins sont considérés comme plus dangereux que ceux qui se battent avec l’armée [syrienne] libre. Et si un médecin est pris en possession de médicaments, les charges retenues contre lui seront plus lourdes que s’il s’agissait d’une possession d’une arme.

Une personne « normale » peut être détenue jusqu’à une semaine, alors qu’un médecin va l’être plusieurs mois. Les médecins sont ciblés parce qu’ils traitent les blessés, mais aussi parce qu’ils sont impliqués dans le mouvement de révolte.

A l’hôpital militaire, ceux que l’armée considère comme des ennemis sont torturés et tués dans l’hôpital. Des internes et des étudiants en dernière année de médecine nous aident, on les forme pour qu’ils dispensent les premiers secours et ils nous aident à traiter les blessés.