En bref

Après quatre ans de présence en Birmanie, la section française de Médecins Sans Frontières a mis un terme à ses activités médicales et s'est retirée du pays en mars 2006. Nous menions des activités médicales, centrées sur la prise en charge du paludisme, dans les Etats Mon et Karen, frontaliers avec la Thaïlande et en proie à un conflit armé entre la junte birmane et des groupes rebelles. L'impossibilité de travailler dans des conditions acceptables auprès des populations vivant dans les zones de guerre a motivé ce retrait.

En mai 2008, nos équipes interviennent en renfort avec les autres sections toujours présentes, pour apporter une aide d'urgence aux victimes du cyclone Nargis.

Dépenses en 2005 : 348 000 euros
Financement : 89% de fonds institutionnels (ECHO, European Community Humanitarian aid Office), 11% de dons privés
Equipe avant fermeture : 67 (7 expatriés, 60 employés birmans)
Autres sections MSF présentes : sections hollandaise et suisse

Contexte

Depuis 1962, la Birmanie (aussi appelée Myanmar) est dirigée par un régime militaire, auquel se sont opposées des luttes armées indépendantistes, notamment d'ethnie Mon et Karen. Ces conflits ont entraîné un afflux de réfugiés en Thaïlande, et des relocalisations forcées le long des frontières. En 2003, Aung San Suu Kyi, leader de l'opposition démocratique et Prix Nobel de la Paix, a été relâchée par la junte, mais restait toujours assignée à résidence. Son assignement à résidence a été levé en novembre 2010.

Depuis 2004, la reprise en main du gouvernement par la tendance dure du régime s'est traduite par une radicalisation vis-à-vis des rébellions et, par voie de conséquence, vis-à-vis des humanitaires travaillant dans des régions où elles sont actives.

 

Projets

Lutte contre le paludisme dans les États Mon et Karen

Médecins Sans Frontières a mené de 2001 à 2005 un programme paludisme dans des régions politiquement sensibles et coupées d'assistance extérieure. D'abord lancé dans l'état Mon, où près de 3 500 consultations paludisme sont menées chaque mois au plus fort de la saison des pluies, ce programme a pu être étendu en 2004 à l'état Karen, à la frontière avec la Thaïlande. Mais à partir de 2004, l'accès de nos équipes médicales aux populations s'est peu à peu réduit. Fin 2005, les restrictions pesant sur leurs déplacements et le blocage des autorités sanitaires locales soumises au contrôle des militaires ont fini par rendre impossible la poursuite de nos activités dans des conditions acceptables.

Ce programme de lutte contre le paludisme s'articulait en plusieurs volets, avec un soutien à des structures de santé existantes, mais aussi l'organisation de dispensaires volants qui permettent d'atteindre des patients vivant dans des villages reculés. En 2003, sur les 20 000 patients qui se sont présentés, 40% se sont révélés, après examen, infectés par le paludisme, dont 2/3 de ces cas par le parasite falciparum, responsable des formes les plus graves, parfois mortelles, de la maladie. En 2004, compte tenu des restrictions d'accès auxquelles nous avons été confrontés, le nombre de tests de dépistage rapide effectué est retombé à 13 600, dont 19% étaient positifs.