En bref

Malgré des demandes répétées auprès des autorités syriennes, MSF n’a pas obtenu l’autorisation d’agir officiellement dans le pays. Devant l’urgence de la situation, MSF a toutefois décidé d’intervenir dans les régions du Nord échappant au contrôle de l’armée loyaliste. En dépit de l’insécurité et au-delà d’activités de soutien aux réseaux de médecins syriens, les équipes MSF opèrent les blessés dans une maison réhabilitée par l’ONG en hôpital chirurgical.

Pour mieux répondre aux urgences, les équipes médicales de MSF tentent également de se rapprocher de la ligne de front. Face à l’ampleur des besoins et au manque d’assistance, MSF développe aussi des activités chirurgicales, vaccinales et médicales à destination des plus vulnérables, notamment des femmes et des enfants, et intervient dans des camps de déplacés. En Jordanie, MSF prend en charge des blessés syriens dans son programme de chirurgie reconstructrice à Amman.

Dépenses 2012 :  3 189 121 €

Financements : 100% privés

Équipe : 29 internationaux / 80 nationaux

Dossier Urgence Syrie

Retrouvez notre dossier spécial rassemblant toutes nos informations à propos de nos activités relatives au conflit qui se déroule en Syrie.

Contexte

Dans le sillage du « printemps arabe », un mouvement de contestation appelant à la chute du régime naît à Damas en mars 2011 et se propage aussitôt dans d’autres régions. Les manifestations sont très durement réprimées mais se poursuivent au fil des mois, tandis que des groupes d’opposition armée apparaissent et prennent rapidement de l’ampleur.

Deux ans après le début des mouvements d’insurrection, les bombardements indiscriminés des zones urbaines et semi urbaines provoquent de nombreux morts et blessés parmi la population civile. Si une partie des régions du nord échappe désormais au contrôle de l’armée loyaliste, les combats violents se poursuivent, notamment dans les grandes agglomérations. Selon l’Organisation des Nations unies, le bilan s’élevait à près de 70 000 morts en mars 2013.

Alors que système de santé s’est effondré, l’accès aux soins est également difficile. De peur d’être torturés ou arrêtés, les blessés sont réticents à se faire soigner dans les hôpitaux publics. Ils s’en remettent à des médecins qui travaillent dans la clandestinité, généralement dans des hôpitaux de fortune, mobiles. Car les personnels soignants ne sont pas épargnés. Eux aussi traqués par les forces de sécurité, ils mettent leur vie en péril pour venir en aide aux blessés.

L’essentiel des secours prodigués en Syrie dans les zones contrôlées par le gouvernement reste par ailleurs encadré par le pouvoir central. Les agences onusiennes et les ONG internationales autorisées par Damas ne peuvent guère atteindre les millions de personnes situées dans le nord du pays, vu l’extrême difficulté à traverser les lignes de front. L’assistance qui parvient au-delà des zones contrôlées par le gouvernement syrien est donc infime et ce sont par des opérations humanitaires transfrontalières qu’une aide est apportée dans les zones sous contrôle de l’opposition. Cela étant, les besoins essentiels sont tels qu’on peut désormais parler de catastrophe humanitaire en Syrie.

Projets

Hôpital chirurgical dans le gouvernorat d’Idlib

Depuis fin juin 2012, une unité d’urgences chirurgicales traumatologiques a été montée dans le nord de la Syrie. Une équipe MSF a réussi en moins d’une semaine à transformer une villa inhabitée en hôpital d’urgence permettant d’opérer et d’hospitaliser les blessés.

Neuf mois après le début de ces activités, plus de 2200 patients y ont été pris en charge pour un total de 665 interventions chirurgicales. Si le nombre de cas d’urgences fluctue en fonction du déplacement de la ligne de front, d’autres types d’interventions sont pratiqués (greffe de peau, nettoyage, débridement de plaies déjà opérées, retrait des fixateurs externes…). Des soins de kinésithérapie sont également fournis aux patients ayant besoin de rééducation après une opération.

Afin de se rapprocher des zones de combats, MSF projette d’ouvrir un second hôpital d’urgence dans la région d’Alep.