« Des services de santé, l'acheminement de l’aide humanitaire, et la reconstruction de la ville sont indispensables pour que la vie puisse reprendre à Rafah, mais, la plupart des zones restent trop dangereuses », explique Pascale Coissard, coordinatrice d'urgence de Médecins Sans Frontières (MSF). « En nous rendant à l'ancienne clinique de MSF de Shabboura à Rafah, nous avons vu un enfant jouer avec un obus dans le quartier de Mawasi. Même si on n'entend plus les bombes, le danger est toujours bien présent.»
Rafah est totalement détruite : les maisons, les magasins, les rues et les établissements de santé sont en ruine et les réseaux d'eau et d'électricité sont endommagés. La zone reste dangereuse notamment en raison de restes d’explosifs, encore disséminés dans les décombres et dont le déblaiement prendra des années.
En mai 2024, avant l’offensive terrestre de l’armée israélienne sur la ville, Rafah comptait le plus grand nombre de Palestiniens déplacés de la bande de Gaza, avec environ 1,5 million de personnes vivant dans des tentes et des abris de fortune. Vivant dans des conditions inhumaines, la population a dû faire face à des épidémies, à la malnutrition et à l'impact psychologique d'avoir été déplacée de force à plusieurs reprises.
Les équipes de MSF, travaillant auparavant à Rafah, fournissaient des soins de santé primaire et un soutien en santé mentale dans la clinique de Shabboura. Elles soutenaient également les soins pédiatriques et la maternité dans l'hôpital émirati du ministère de la Santé. Elles ont été contraintes de mettre fin à leurs activités et d'évacuer la zone après les bombardements incessants et les ordres d'évacuation des forces israéliennes.
Les opérations militaires israéliennes et les combats ont vidé Rafah de ses habitants, détruit massivement la ville et fermé le point de passage de Rafah, entre la bande de Gaza et l’Égypte, entravant ainsi lourdement l'acheminement de l'aide humanitaire dans l'ensemble de la bande de Gaza.