Epidémie de choléra meurtrière
Communiqué de presse
Avec déjà 20.000 cas enregistrés et 900 décès (alors que le pic de l'épidémie n'est toujours pas atteint), une épidémie de choléra sévit actuellement en Angola. MSF a mis en place 10 centres de traitement dans le pays, où 11.700 malades ont été soignés. Mais les mesures prises par les autorités sont très insuffisantes. Elles doivent impérativement mettre en oeuvre une stratégie plus volontaire pour endiguer l'épidémie.
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10 semaines après les premiers cas confirmés à Luanda, près de 20.000 personnes ont été touchées, et 900 sont décédées.
© Paco Arevalo / MSF |
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De 1987 à 1995, l'Angola a été régulièrement touché par des épidémies saisonnières de choléra (environ 90.000 cas et 4.500 décès en tout). Depuis, le pays - notamment Luanda et les régions côtières - avait été épargné par les épidémies majeures. En conséquence, la population est très peu résistante au bacille responsable de la maladie. Cette épidémie pourrait encore durer des mois et le bilan risque d'être extrêmement lourd.
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Parfois, les patients arrivent trop tard. Pourtant, pris à temps, le choléra se guérit rapidement.
© Paco Arevalo / MSF |
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Aujourd'hui, avec 10 CTC en Angola (six à Luanda, un à Benguela, un à Malanje, un à 'Ndalatando et un à Caxito), mobilisant une équipe de 55 expatriés et 330 Angolais, MSF atteint les limites de ce qu'une organisation comme la nôtre peut faire. Il est urgent que les autorités angolaises et que d'autres acteurs humanitaires - Nations unies et ONG - se mobilisent également afin de reprendre le contrôle sur l'épidémie et éviter que le bilan en vies humaines prenne des proportions catastrophiques.
Pour éviter la propagation de l'épidémie, nous avons donc aussi mis l'accent sur l'information et la sensibilisation concernant cette maladie extrêmement contagieuse. A Luanda, MSF travaille avec des étudiants volontaires qui se rendent dans les zones les plus touchées, afin de sensibiliser à la prévention du choléra : se laver les mains, traiter l'eau, laver toute la nourriture, notamment les fruits... En effet, les habitants sont très peu informés de ce qu'ils peuvent faire pour se protéger et beaucoup d'idées fausses circulent. De ce fait, beaucoup de malades se présentent tardivement dans les structures de santé et arrivent déjà sévèrement déshydratés, parfois trop tard.