« Les soignants éprouvent un sentiment d'impuissance face à la rapidité à laquelle l’état de santé des patient se détériore. D’autant plus que nous avons des moyens thérapeutiques limités, avec peu d'autres options que la mise sous oxygène ou sous respiration artificielle », poursuit Thierry Durand. La cour du centre de traitement est remplie de bouteilles d'oxygène. 250 cylindres de 40 litres sont utilisées chaque jour. « Si on schématise : le coronavirus s'attaque aux poumons et diminue l'oxygène dans le corps. Pour traiter le patient il faut donc compenser ce manque en oxygène, explique Dr Khairil Musa, spécialiste en soins intensifs pour MSF. Nous faisons des rondes pour vérifier les niveaux d'oxygène des patients. Parfois, les patients vont bien, puis un instant plus tard ils sont morts. D'autres sont à bout de souffle. Ils se fatiguent et arrêtent de respirer », renchérit Dr Khairil Musa.
L’approvisionnement en oxygène représente un défi logistique majeur pour les équipes de MSF. Mais ce n’est pas le seul matériel qui manque à l’appel. « Nous réutilisons les équipements de protection individuelle (EPI) car nous n’en avons pas assez. L'accès aux tests de dépistage est incroyablement limité. Nous n'avons pas assez de ventilateurs, nous avons besoin de plus de concentrateurs d'oxygène et d'une chaîne d'approvisionnement fiable. Régulateurs, tubes, masques. Tout cela nous fait souvent défaut », déclare le Dr Khairil Musa.