[En photos] Un centre Covid+, qu'est-ce que c'est ?

Reportage avec nos équipes dans le centre Covid+ de Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine, où elles prennent en charge les personnes en grande précarité affectées par le coronavirus.

Les centres Covid+, qu’on appelle également centres de desserrement, accueillent les personnes en situation de précarité, comme les migrants et les SDF, présentant les symptômes du Covid-19. Celui de Châtenay-Malabry a ouvert il y a quelques semaines, MSF s’occupe de la partie médicale en partenariat avec l’association Alteralia qui gère le centre et le volet social.

Marie et sa collègue, toutes deux infirmières, s’apprêtent à effectuer un PCR (Polymerase Chain Reaction), c’est à dire un prélèvement naso-pharyngé qui permettra de savoir si la personne testée est positive au Covid-19.

Le jeune homme a la trentaine, il n’a pas de domicile et est arrivé au centre la veille. Son prélèvement est envoyé à l’hôpital Hôtel Dieu à Paris et les résultats sont connus dans les 48 à 72 heures. Pendant ce temps, il est surveillé médicalement par les équipes MSF. Si son état se dégrade durant son séjour, il sera référé vers un hôpital pour bénéficier de soins plus adaptés.

Les résidents portent des masques dès lors qu’ils sortent de leur chambre et sont hébergés dans des chambres individuelles. Vivant à la rue et dans une grande précarité, ils sont plus vulnérables que la population générale au virus et susceptibles de développer les formes sévères du coronavirus.

Le centre peut accueillir jusqu’à 50 personnes, qui doivent rester au minimum 14 jours. Alteralia s’occupe de leur trouver des solutions d’hébergement à leur sortie, pour leur éviter de retourner à la rue.

Bastien, médecin, examine un monsieur de 88 ans, sans domicile fixe, qui souffre d’une pneumonie. L’homme est là depuis plusieurs jours, il a des difficultés à respirer et à se déplacer seul. Les résultats de son test ne sont pas encore parvenus aux équipes.

Les personnes en situation précaire présentant des symptômes du Covid-19 sont référencées depuis les lieux d’hébergement d’urgence, réquisitionnés par les autorités au début de la pandémie, et où les équipes MSF interviennent. Ces lieux, notamment les gymnases, ne permettent pas d’appliquer les mesures barrières, comme l’auto-confinement et la distanciation sociale. Une fois identifiées, elles sont référées par l’Agence régionale de santé via la Croix Rouge qui s’occupe du transport jusqu’aux centres Covid+ de la région.

Marie, infirmière, s’occupe notamment de l’admission des patients : identifier d’où ils viennent, leurs parcours, s’ils ont des revenus ou non, une couverture médicale ou s’ils touchent le RSA.

Le résident, afghan, a été référencé depuis un gymnase situé aux Lilas dans le nord-est de Paris. Il n’a aucun revenu, ni endroit où aller. Toutes les demandes d’asile et procédures sont actuellement suspendues à cause de la pandémie.


Nathan est animateur pour Alteralia au centre Covid+ de Châtenay-Malabry. Trois fois par jour, il récupère les plateaux repas consommés, puis emballés pour ne pas contaminer d’autres personnes. Avant la pandémie, l’étudiant travaillait dans une bibliothèque publique qui a dû fermer.

Le stock de médicaments, dans la salle des soins du centre de Châtenay-Malabry.

Cora (gauche) est médecin à l’Institut Pasteur. Elle vient prêter main forte aux équipes du centre.

Le centre Covid+ a été ouvert dans le CREPS Ile-de-France (Centre de Ressources, d’Expertise et de Performance Sportive). Une quinzaine de patients y est actuellement hébergée.
