Gaza : un mois après le début du siège imposé par les autorités israéliennes, les fournitures médicales essentielles manquent

Les équipes de la clinique mobile MSF fournissent des soins de santé primaires dans le centre de la ville de Jabalya, au nord de la bande de Gaza, en Palestine. 
Les équipes de la clinique mobile MSF fournissent des soins de santé primaires dans le centre de la ville de Jabalya, au nord de la bande de Gaza, en Palestine.  © Nour Alsaqqa/MSF

Le siège imposé depuis un mois par les autorités israéliennes à Gaza, se traduit par la rupture de stocks de certains médicaments essentiels tandis que d’autres seront bientôt épuisés, prévient Médecins Sans Frontières (MSF). Alors que les forces israéliennes continuent de bombarder la bande de Gaza, la privation de biens essentiels, comme la nourriture, l'eau et les médicaments, risque d’entraîner un grand nombre de complications médicales et de décès. MSF appelle les autorités israéliennes à mettre fin au siège de Gaza et à assumer leurs responsabilités en tant que puissance occupante en facilitant l'entrée de l’aide humanitaire à grande échelle. 

Depuis plus d'un mois, aucun camion commercial ou d'aide n'est entré à Gaza, ce qui constitue la plus longue période sans acheminement de biens et denrées dans le territoire depuis le début de la guerre. Après avoir imposé un siège complet à Gaza, les autorités israéliennes ont coupé, le 9 mars, l'électricité nécessaire pour alimenter les usines de dessalement de l'eau. Ce blocus total de l'aide et de l'électricité prive la population de la plupart des services de base, ce qui équivaut à une punition collective. 

« Les autorités israéliennes condamnent la population de Gaza à des souffrances insoutenables. Ce siège meurtrier doit cesser immédiatement », déclare Myriam Laaroussi, coordinatrice d'urgence de MSF à Gaza.  

Le siège a contraint les équipes de MSF à commencer à rationner les médicaments tels que les analgésiques, à fournir des traitements moins efficaces ou à refuser des patients. Les équipes manquent également de matériel chirurgical comme les anesthésiques, les antibiotiques pédiatriques et les médicaments pour les maladies chroniques comme l'épilepsie, l'hypertension et le diabète. En raison du rationnement, dans certains centres de soins de santé primaires, les soignants pansent les plaies des blessés sans médicaments anti-douleur. 

En outre, les équipes de MSF ne sont plus en mesure de donner des poches de sang à l'hôpital Nasser en raison d'une rupturede stock, alors que l'afflux de patients blessés de guerre se poursuit en raison d’attaques israéliennes incessantes. 

Le manque de savon et d'eau propre signifie une augmentation du nombre de personnes souffrant d'affections cutanées, constatée dans les cliniques de soins de santé primaires de la bande de Gaza. En février, les équipes de MSF ont traité 565 cas d'affections cutanées à la clinique Al Hekker de Deir Al Balah et 1 198 cas à la clinique Al Attar de Khan Younes. En l'espace de deux semaines au mois de mars, le nombre de cas à Al Hekker avait déjà atteint près de 80% du total des cas de février. 

En raison du siège, les équipes de MSF ne sont pas en mesure de fournir des médicaments pour traiter les affections cutanées, seulement de petites quantités de lotion pour apaiser la douleur. Les affections cutanées comme la gale nécessitent un traitement pour toute la famille afin d'éviter la propagation et la réinfection, ce qui est  impossible sans médicaments ni eau potable. 

Pour les personnes atteintes de maladies non transmissibles, telles que l'hypertension et le diabète, les conséquences de l'absence de traitement peuvent entraîner de graves complications, telles que des handicaps permanents et, dans certains cas, la mort. Depuis le début du siège imposé par Israël, les patients ont reçu des médicaments ne couvrant leurs besoins que pendant sept à dix jours. 

« Je n'ai plus de médicaments pour ma tension artérielle. Mon fils a cherché pendant deux jours et n'a pas pu en trouver », explique Sobheya Al-Beshiti, une patiente de la clinique MSF d'Al Attar, à Khan Younes. « Qu'est-ce que je peux faire ? Si je ne prends pas mon anticoagulant, mon nez se met à saigner et je tousse du sang. » 

Pendant le mois du Ramadan, les patients des cliniques MSF ont fait état de perte de poids et d'un manque d'accès à une alimentation adéquate. « En ce moment, mes paramètres sanguins sont bas et je ne prends pas de poids », explique une mère enceinte dans une clinique MSF à Mawasi, Khan Younes. « La hausse des prix est un énorme problème dans la ville : les gens n'ont tout simplement pas les moyens d'acheter des produits de première nécessité, car tout est très cher. » 

Notes

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