Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?
Au Cambodge, l’hépatite C est un problème de santé publique majeur. En l’absence d’évaluation précise, l’Institut Pasteur du Cambodge estime que 1 % à 2 % de la population générale est affectée par cette maladie, et que ce taux peut monter jusqu’à 6 % dans certaines régions qui comportent le plus de groupes à risques.
Sur une population de 15 millions de personnes, on estime qu’entre 300 000 et 750 000 d'entre elles seraient infectées. 91% des patients ont plus de 40 ans. Parmi les principaux facteurs de risques on compte la transfusion d’unités de sang, la toxicomanie, les actes de médecine traditionnelle comme l’acupuncture, pratiqués dans de mauvaises conditions d’hygiène.
Notre intervention
Médecins Sans Frontières ouvre en 2016, en collaboration avec les autorités sanitaires du Cambodge, une opération de prise en charge des personnes affectées par l’hépatite C.
Les équipes de Médecins Sans Frontières offrent des dépistages et des traitements contre l’hépatite C. Elles ont également contribué à l’amélioration du diagnostic des patients et à l’introduction et l’utilisation, pour traiter cette maladie, des antiviraux à action directe (AAD).
Médecins Sans Frontières travaille avec le ministère cambodgien de la Santé du Phnom Penh Municipality Referral Hospital, situé dans la capitale Phnom Penh, pour améliorer l’accès des patients aux soins. Ensemble, les équipes ont mis au point des méthodes novatrices de diagnostic et de traitement de l’hépatite C.
À long terme, l'objectif est de simplifier davantage le traitement de l'hépatite C et de le rapprocher des patients, afin qu'ils n'aient plus besoin de parcourir de longues distances pour assister aux consultations. À cette fin, MSF a mis en œuvre dès 2018 un modèle de soins décentralisés dans les districts ruraux de la province de Battambang, dirigé par des infirmières et dispensé dans des centres de santé.
Le traitement de l’hépatite C a connu deux améliorations essentielles. La première concerne le traitement : tous les patients reçoivent désormais le même, quels que soient le type et le stade de leur maladie. Cela signifie qu'ils n'ont plus besoin de la plupart des analyses de pré-traitement requises auparavant. La seconde concerne la qualité des médicaments : les AAD sont fiables, et les tests complémentaires ne sont plus nécessaires.
Le modèle de soins simplifié pour les patients atteints d’hépatite C au Cambodge a donné des résultats remarquables : 97% des patients ont guéri de la maladie en seulement trois mois.