Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?
Face aux politiques de plus en plus brutales de répression des migrations sur le territoire français, Médecins Sans Frontières décide en 2015 d’ouvrir une opération d’assistance médicale d’urgence.
Les exilés vivent un parcours exténuant pour rejoindre la France. Pourtant, à leur arrivée, ils sont confrontés aux labyrinthes administratifs français et à la systématisation des violences policières, qu’ils souhaitent demander l’asile en France ou rejoindre un autre pays de l’Union Européenne.
Ils vivent dans des conditions indignes, sans accès aux soins de santé et sans que l’État français ne réponde à ses obligations légales de protection et de mise à l’abri.
Notre intervention
L’association ouvre un premier projet en septembre 2015, dans les Hauts-de-France, pour offrir des soins médicaux et de santé mentale aux personnes migrantes.

Cette intervention permet également de soutenir les centres d’accueil pour mineurs non-accompagnés, de construire une clinique à Calais et de soutenir l’établissement du camp de Grande-Synthe, en partenariat avec la municipalité. Médecins Sans Frontières se retire du camp et effectue une passation d’activité à la permanence d’accès aux soins de santé (PASS) en septembre 2016.
Après l’évacuation du camp de migrants appelé la « jungle » de Calais à la fin du mois d’octobre de 2016, Médecins Sans Frontières a assuré un suivi en santé mentale des migrants les plus vulnérables, tout en continuant d’apporter son soutien à certaines municipalités et associations de la région. Le projet d’assistance d’urgence aux migrants dans les Hauts-de-France a fermé en décembre 2016.
Après l’évacuation de Calais, Médecins Sans Frontières porte son attention sur Paris, où jusqu’à une centaine de personnes arrivent quotidiennement dans les premiers mois de 2017. Malgré l’ouverture par la mairie de Paris, d’un centre de premier accueil au nord de la ville, à la Porte de la Chapelle, les dispositifs d’accueil sont débordés. Le sous-dimensionnement de ces dispositifs et la complexité du système administratif favorisent alors la multiplication de campements de fortune dans la capitale, régulièrement démantelés par les forces de l’ordre sans solution pérenne de prise en charge et de relogement, un cycle infernal qui continue encore aujourd’hui.
Les cliniques mobiles de Médecins Sans Frontières auprès des exilés vivant sur les campements franciliens visent à améliorer l’accès aux soins de ces personnes dont l’état de santé physique et mentale est gravement détérioré par les longues périodes de vie à la rue.

Dans les régions frontalières, MSF agit aux côtés d’Amnesty International France, la Cimade, Médecins du Monde et le Secours Catholique-Caritas pour mener un travail de veille et d’observation visant à documenter les violations des droits des personnes migrantes et à mener des actions de plaidoyer, de communication et des recours juridiques pour y mettre un terme. Un appui ponctuel, à travers des donations est également apporté aux associations et acteurs locaux intervenant auprès des personnes migrantes.

De mars à juin 2020, au plus fort de la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 en France, Médecins Sans Frontières mène une intervention médicale d’urgence auprès des personnes en situation de grande précarité, et notamment des migrants, en Île-de-France et à Marseille. Son intervention à destination de ces personnes vise à garantir la continuité de l’accès aux soins de santé primaire ainsi que l’information, l’identification, le test et l’orientation des personnes présentant des symptômes du virus.